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Le Faubourg à m’lasse: les origines d’une légende urbaine

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Source: Archives de la Ville de Montréal

By guest contributor, Claude Brochu

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Les limites géographiques de ce quartier sont mal définies. Mais en gros, on peut dire qu’il était bordé, à l’ouest, par la rue Amherst, à l’est, par la rue Frontenac, au nord par la rue Sherbrooke et, au sud, par le port de Montréal. Pour faire plus simple, disons que l’actuelle tour de Radio-Canada est plantée au cœur de cet ancien quartier qui, avant de s’appeler le Faubourg à m’lasse, portait le nom de faubourg Québec.

Les origines du nom de Faubourg à m’lasse sont nébuleuses. Dans les années ’50, alors que je n’étais encore qu’un enfant, on m’a raconté l’histoire suivante. Est-ce conforme à la vérité ? N’est-ce qu’une légende urbaine ? Quoi qu’il en soit, cela s’inscrit dans la vie des gens qui ont habité cette si belle ville et cela suffit à perpétuer ce récit.

Dans ces années, Montréal est en fait constitué de quartiers qui reproduisent fidèlement les villages du Québec rural. Les gens vivaient presqu’exclusivement dans leurs quartiers et n’en franchissaient que rarement les frontières. Le quartier était un quartier populaire, constitué de travailleurs, principalement des « débardeurs ». Ailleurs, on parle de « dockers ». Ces débardeurs étaient des habitants du quartier ou des travailleurs saisonniers qui venaient à Montréal pour la saison du « débardage » alors que le port recevait les bateaux venant de pays étrangers et surtout exotiques. Ils vidaient les navires de produits nous venant de l’étranger dont la mélasse. Les gens n’étaient pas riches.

On m’a raconté que lors du débardage des barils de mélasse, les femmes du quartier se rendaient sur les quais avec de petits contenants. À la fin du transfert sur le quai de la cargaison de mélasse, l’opérateur de la grue laissait volontairement tomber le dernier baril, comme par maladresse, et les femmes recueillaient la mélasse dans leurs petits contenants pour la rapporter à la maison. La véracité de l’histoire à peu d’importance. C’est surtout qu’elle témoigne d’une solidarité à l’époque où ce mot était encore inconnu ou peu utilisé. Elle parle des gens démunis de Montréal dont on ne parle que trop peu. Elle parle de gens qui… donnent au discours économique un sens humain, le véritable ferment d’une société.

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Many thanks to guest contributor Claude Brochu for sharing this story. We look forward to future recollections on growing up in Montreal.

 

Comments

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Peu importe, en effet, que ce soit un fait historique reconnu, il y a de quoi en faire une jolie légende, sinon urbaine, au moins d'arrondissement ;-)

Comment by Kris
July 26, 2009 | 12:11 pm

C’était pas à cause des réservoirs de Imperial Molasses qui se trouvent (encore) au sud de la rue Notre-Dame, dans l’axe de la rue d’Iberville???

Comment by Jean Naimard
July 26, 2009 | 12:17 pm

Bonjour Jean Naimard !

Probablement avez-vous raison. Les odeurs des réservoirs de l'Imperial Molasse étaient sûrement assez intenses pour parler du "Faubourg à m'lasse". Sur le plan rigoureusement historique, cela me semble la meilleure hypothèse.

Claude Brochu

PS. Mais, quel beau quartier...

Comment by Claude Brochu
July 26, 2009 | 1:59 pm

I doubt that molasses was imported to Montreal, as Montreal was (and still is) a huge sugar processor, and molasses is the by-product of sugar-refining.

I agree with Jean Naimard that it must be because of the huge molasses storage facilities along the docks.
They look so delicious with the little bit that drips down the side...

Mon grand-père est né sur la rue Wolfe et a grandi dans le Faubourg a la Mélasse. Mon arriere grand mère y a vécu toute sa vie, surtout dans un logement de la rue de la Visitation qu'il lui avait acheté.

Je crois aussi que le faubourg tire son surnom des gros réservoirs de Mélasse sur Notre-Dame.

L'histoire des femmes ramassant le dernier baril de mélasse "échappé" m'a rappelé la recette de crème glacée que mon grand-père préparait avec ses amis:

En hiver ils se levaient très tôt pour aller ramasser la crème gelée qui remontait et soulevait le petit capuchon de papier au sommet des bouteilles laissées chez les voisins par le laitier.

Ils tranchaient ces petites mottes avec un couteau et les ramassaient dans un bol, une fois le bol plein ils rentraient à la maison ou ils y ajoutaient quelques cuiellerées de cassonade.

Le souvenir de ce délice de rapine faisait encore briller les yeux de mon grand-père lorsqu'il m'en a parlé plus de 80 ans après la dernière cuillerée.

Comment by Benoît Robitaille
July 29, 2009 | 11:24 am

J'ai été élevé dans le Faubourg. Aujourd'hui la partie la plus riche le coeur du Faubourg a été démolit. Je suis né sur la rue Emmet qui aujourd'hui n'existe plus. En effet se sont les réservoirs qui ont donné le nom au Faubourg. Enfant nous montions dessus pour jouer et nous allions y voler de la mélasse. Nous étions les pauvres parmi les pauvres et pourtant j'y referrait mon enfance n'importe quand. Notre petit coin c'était comme le village d'Astérix. Ne descendait pas en bas de Sainte-Catherine qui voulait. C'était avec risques et périls.

Comment by Paul Régimbald
December 4, 2009 | 2:45 pm

je recherche actuellement des témoins ayant vécu dans le quartier du Faubourg à m'lasse avant la construction de Radio-Canada ainsi que après pour un projet de recherche à la maîtrise en histoire.

merci de me contacter

Comment by eveline
February 4, 2010 | 9:32 pm

Je suis né en 1950 et jusqu’à l’âge de 21 ans c'est-à-dire jusqu’en 1971 je demeurais au coin des rue Ste-Catherine et Frontenac. Lors de mon adolescence je me suis tenu souvent au restaurant de hot dog qu’on appelait le New System qui était tenu par des grec. (Johnny, Peter etc.) J’étais aussi membre d’un orchestre qui portait le nom des Incompris. Je pense avoir connu le Paul Régimbald qui était plus vieux que moi. On pourrait écrire un livre avec toutes les histoires qui ce sont passées dans le temps d’ailleurs il y avait eu une émission de télévision qui avait été tournée dans le coin et qui s’intitulait « La rue des pignons »

Comment by Jacques Alarie
March 22, 2010 | 6:39 am

Quelles belles histoires à faire revivre ce quartier perdu!
Merci!!!

Comment by Daniel
October 20, 2010 | 12:29 pm

Pour tous les friands du Faubourg, je vous propose le livre de Sophie-Julie Painchaud "Racines de Faubourg". Une histoire vécu, à travers les rues du quartier, avec ses joies et ses peines, ses moments joyeux comme difficiles.
Bonne lecture.

Comment by Serge Collerette
December 7, 2010 | 10:29 am

Bonjour.
Je suis né au 2134 rue Maisonneuve, aujourd'hui appelée rue Alexandre de Sève en 1944.Je suis à la recherche de photos des gens, des habitations ou des écuries de cette rue qui ont presque tous disparus aujourd'hui.Nous avions été expropriés à cause de l'agrandissement de l'hôpital Notre-Dame vers 1952.Alors si vous avez des informations je serais très heureux de les recevoir sur ce site.
Mes amis ou connaissances de l'époque étaient les Sainte-Marie, Pelletier,Léveillé,Archambault,Desrochers,Bizier,Lalumière,Dupont,Geoffrion et nous fréquentions tous l'école Plessis.
Merci.
Claude Langlais

Comment by Claude Langlais
March 1, 2011 | 4:44 pm

Je suis né au 1050 rue de Maisonneuve en 1942 et nous avons déménagé à Rosemont quand j'avais 14 ans en 1956.
Je partagerais information, photos et souvenirs avec des gens de la paroisse Sainte-Brigide.
Claude André St-Pierre
Je joins un poème------------------------

Le faubourg à la mélasse  Près du grand port loin de la mer douillet foyer de verre près de parents forts.  Après les grandes guerres près des garnements méchants près des bidons de mélasse protégés par un père vaillant.  Du haut des marches odeur forte de houblon arôme fin de plats mijotés par le cœur d’une maman.  Petits pas sur les trottoirs petites études très primaires jeux de cours et de ruelles rencontres joyeuses et insolentes.  Un coin de ville pas comme les autres de vieilles maisons coincées comme des sardines des morceaux de bateaux aux cris d’éternité sous son pont d’humanitude et de fraternité.  Un coin perdu et inconnu de la cité des pantois et travailleurs journaliers des mères et des enfants adorés une église bondée et méprisée.  Un quartier bourré des génies de constructeurs et de démolisseurs de filles de vie et de religieuses des gens du pays et d’inconnus.  Aujourd’hui, une seule maison la grande de Radio-Canada l’espérance d’une Nation le méli-mélo d’une Église. 

Comment by Claude André St-Pierre
June 13, 2011 | 8:03 am

Je suis André Noël, un hommes qui est né dans le Faubourg à m’lasse et puis j'ai resté 22 ans au 1357 Lagauchetière et mon père avait son épicerie-boucherie ( Marché A. Noël )au 1351 Lagauchetière depuis 24 ans et ce jusqu'a ce que radio canada démolisse les 5 logements et le commerce que mon père avait pour faire vivre sa famille.
Donc, le Faubourg à m’lasse pour moi, tient son nom par la véridique de son nom, car voyez-vous la grosse majorité de nos clients étaient des débardeurs pour le pour de Montréal et qu’en hiver ils étaient presque tous sur le chômage et que nous au magasin souvent et même très souvent nous leurs remplissions leur pinte de lait de mélasse à même le gros baril de bois qui était au centre du magasin.
Donc le nom Faubourg à m’lasse n’est pas une légende mais c’était la vie tous les jour de l’hiver.

Comment by André Noël
June 26, 2011 | 10:14 am

Mon grand-père, M. Ernest Hébert, débardeur puis scaphandre au port de montréal, est né en 1907 sur la rue Dufresne au coin de Ste-Catherine. Dans son enfance, il vivait avec son père qui tenait une boucherie dans le quartier, sa mère, une amérindienne christianisée, et ses 19 frères et soeurs. Ils vivaient au 2e étage dans un 6 et demi. Mon arrière grand-père aurait déjà jetter un poêle en fonte du 2ieme étage pour le donner à un itinérant..

Maryse. anjou.

Comment by Maryse
June 29, 2011 | 9:01 pm

Moi aussi je suis un gars du faubourg, je suis né au 607 Archambault et j'y suis resté de 1953 à 1973 après avoir été exproprié de la rue Notre-Dame. Toute mon enfance a disparu avec la démolition du quadrilatère Fullum/Morin/Emmet/Archambault. J'y ai vécu des moments inoubliables avec des gens vraiement chaleureux et généreux même si le quartier débordait de pauvretée. Tout le monde connaissait la vie de tout le monde. Il fallait être connu pour se promener dans le quartier car on attirait l'attention si on visitait le coin pour la 1ere fois et il fallait ''filer doux''. Moi j'y referait ma vie sans hésitation

Comment by Edmond Martel
August 1, 2011 | 6:38 pm

Je suis né sur la rue Carier au 2325,,,entre Sherbrooke et Ontario, J'ai vraiment de bon souvenir de tous les voisins de la rue de ce faubourg a m'lasse,mais dans cette période de 1954 on parlait de démolir cette artêre jusqu'a la rue Sherbrooke pour faire suite au Pont Jacques Cartier,c'est alors que mon pêre a décidé de déménager sur la rive sud de Montréal(Brossard) en 1955 et a fait l'acquisition d;une maison pour $4000.00 dans ce temps la,mais je n'ai que de bon souvenir et je recommencerait ce temps la........

Comment by Jean Guy Grenier
August 17, 2011 | 3:08 pm

je suis nee sur la rue amherst en 1926 et j ai vevue sur la ruewolfe dans 1 maison appartemantjusqu a mon mariage en 1948 je travait dans 1 fabrique de cigares
enfant je vivajs avec ma mere sur la rue dorcnesetr et a sa mort en 1939 je suis alle a l horphelinat des soeurs de la providense coin visitation et lagauchetierre ou j en suis sortie 2 ans apres
j aimerais bien avoir des photos de ce temps la

gisele larose

Comment by gisele larose
November 3, 2011 | 1:47 pm

je suis née en 1949 au 578 Archambeault nous avons déménagé 10 ans plus tard de l'autre côté de la rue au 567. je n,ai rien oublié de ma jeunesse; le dépanneur au ptit coin, la pharmacie Charland, les dances au sous sol de l'église,l'école ste catherine, le parc Frontenac, le bain Quintal,les manufactures Dominion oilcloth, Dominion rubber et Dominion textile. j,aime toujours autant la senteur du prélart et de la melasse, équeuter les fraise pour 2 cents le casseau, durant les grandes chaleurs,les gars plus vieux dévissait la borne fontaine pou qu'on jouent dans l,eau, ext........dommage qu'il ne reste plus rien de tout cela.'on devrait faire une rencontre des anciens du carré Emmet, Fullum,Archambeault, Morin.

Dyane Gariépy

Comment by Dyane Gariépy
November 30, 2011 | 8:23 pm

Bonjour
Jai lut les libre de michel david (Chere Laurette, La Poussiere Du Temps) et sa se passe dans se cartier ... Voir que montreal etait comme ca avant sa minpressionne meme si les gens etait pas riche et quils etaient heureux je trouve que cest amusant pareil... Lisez cest livre! Chere laurette se passe sur la rue Emmett et la poussiere du temps sur la rue notre dame

 
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Le Faubourg à m’lasse: les origines d’une légende urbaine
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